Wednesday, 30 November 2011

Journée mondiale des toilettes : Le temps d’écouter les communautés !

Inna Guenda Segueda, Communications Officer, WaterAid Burkina Faso a écrit ce blog au sujet des Crisis Talks au Burkina Faso.

« L’accès aux latrines et à l’eau potable est une préoccupation quotidienne surtout pour nous les femmes. C’est vrai que des efforts sont faits mais cela demeure insatisfaisant. Mais même si le maire seul ne peut pas tout faire, il peut trouver encore des partenaires qui interviendront pour nous faciliter la tache. Qu’est ce que monsieur le maire entend faire pour changer la situation d’ici à 2015 ? » Ainsi s’exprimait Ouédraogo Lizéta, une femme de la commune de Kirsi qui n’a pas voulu rater l’occasion à elle offerte de s’exprimer devant le maire de sa commune sur l’accès à l’eau potable et l’assainissement.

A plusieurs centaine de Km de Kirsi les réalités sont les mêmes. Assétou BARRY/ABA, représentante le village de Lao Peulh situé dans la zone périphérique d’Ouagadougou, témoigne qu’aucune des 31 concessions que compte son village de 347 habitants ne dispose de latrines. Les femmes en couche sont obligées de déféquer dans des sachets plastiques avant de les jeter dans la nature car la tradition leur interdit de déféquer dans la nature. Elle dit ne pas être fiers de leur comportement mais ils n’ont pas de choix.
« Quand nous allons à la recherche de l’eau au forage nous mettons du temps. Mon mari croyait que je me promenais pour ne pas faire la cuisine. Il m’a battue et c’est mon beau père qui m’a secourue. Ce dernier a demandé alors à mon mari d’aller passer une journée au forage et quand il l’a fait j’ai retrouvé la paix. »

Poser des actions concrètes

Ces témoignages ont été entendus respectivement lors des commémorations de la journée mondiale des toilettes le 19 Novembre à Kirsi et le 24 Novembre à Saaba au Burkina Faso. Pour l’occasion, WaterAid et ses partenaires de mise en œuvre Sahel Solidarité, SOS Sahel International et Association les Mains Unis du Sahel ont opté pour une initiative dénommée «Écoutons les communautés s’exprimer sur la crise de l’eau et de l’assainissement ».

Cette activité voulait rompre avec les cérémonies habituelles en donnant la parole aux communautés touchées par la crise de l’eau et de l’assainissement de s’exprimer. Dans les deux communes, femmes, hommes et enfants sont sortis profiter de la parole qui leur était donnée en présence de divers acteurs, des autorités provinciales et nationales, des journalistes, des représentants de la société civile, des hommes de culture, des élus locaux et des membres de communautés.

A Saaba, sur sollicitation du Réseau d’Information et de Communication pour l’Hygiène, l’Eau Potable et l’Assainissement (RICHE) les différents groupes représentés ont pris chacun l’engagement de conduire une action spécifique pour l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Ainsi, le parrain de la cérémonie de commémoration de Saaba, M. Simon Pierre GOUEM, Directeur Général de la compagnie d’assurance GA vie s’engage à appuyer tous les projets qui lui seront soumis par WaterAid en faveur de l’accès aux services d’eau potable et l’assainissement. Il avoue avoir été très ému par les témoignages, lui qui participe pour la première fois à une activité de telle envergure sur l’eau et l’assainissement : « J’ai été sensibilisé à la question » dit-il.

Les journalistes ont quant à eux, promis de suivre les engagements pris par les acteurs. « Nous voulons des actes concrets que nous allons évaluer à la célébration de la journée mondiale des toilettes de 2012 » se justifie le Coordonnateur du RICHE, Dieudonné Soubeaga.

Dans la commune de Kirsi, des actes concrets ont été posés. Deux femmes vont bénéficier de l’appui de WaterAid pour la construction de latrine dans leur ménage. Elles ont été les grands vainqueurs de la course cycliste intitulée « Les femmes de Kirsi courent pour les latrines » organisée à l’occasion de la journée mondiale des toilettes. Cette activité symbolique visait à rappeler que l’accès à l’assainissement est un droit à revendiquer comme tout autre et témoigne de l’importance des toilettes dans la vie des femmes de Kirsi en particulier. Dix-neuf femmes ont pris part à cette course longue de douze Km. Toutes les participantes ont été récompensées du savon.

Malgré le tableau peu reluisant peint lors des témoignages des communautés, un espoir existe. C’est le message que la communauté de Darsalam est venue porter à leurs communes sœurs. Dans ce village situé en zone périphérique d’Ouagadougou il est interdit de déféquer à l’air libre grâce au déclenchement de l’approche Assainissement Total Porté par les communautés. Il y a donc de l’espoir et certaines solutions sont à porter des mains des communautés.

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